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L’Hôtel Peyrenc de Moras (1728-1731), ensuite Hôtel Biron

Rue de Varenne

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Le jardin d’Orphée et la façade sur le jardin de l’Hôtel Biron

Occupant d’abord un hôtel bâti par Jacques V Gabriel sur la place Louis-le-Grand (actuelle place Vendôme), Abraham Peyrenc de Moras se fait bâtir une nouvelle demeure sur un terrain situé entre la rue de Varenne et la rue de Babylone. Chargé de sa construction, l’architecte Jean Aubert conçoit un hôtel parisien entre cour et jardin, dégagé sur ses flancs et dressé sur un véritable parc, comme un château. Isolée sur une plateforme accessible grâce à quelques marches, la demeure comprend trois niveaux : un entresol percé de fenêtres coiffée d’un arc surbaissé, un haut rez-de-chaussée et un étage séparés d’un bandeau mouluré.

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Les mascarons de l’avant-corps central, du côté de la cour

Du côté de la cour d’honneur, la façade se développe pratiquement sur le même plan. Deux pavillons latéraux aux toitures autonomes, en légère saillie, flanquent le corps de logis, qui s’articule autour d’un avant-corps central, lui-même légèrement saillant. Des chaînes d’angle soulignent les différents ressauts de la façade ; un fronton dépouillé d’ornement couronne les travées centrales. Au rez-de-chaussée, des mascarons ornent l’arc en plein cintre des fenêtres des pavillons latéraux et de l’avant-corps central. En revanche, les autres baies, coiffées d’un arc surbaissé, reçoivent une simple rocaille.

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Mascaron du pavillon latéral gauche, côté jardin

Du côté du jardin, la façade est plus animée : elle s’articule autour d’un avant-corps central en légère saillie sur le corps de logis, que flanquent deux pavillons à pans coupés. Des mascarons ornent l’arc en plein cintre des fenêtres du rez-de-chaussée des pavillons latéraux et de l’avant-corps central. Les autres baies portent une rocaille. Un balcon en ferronnerie souligne, à l’étage, les trois travées de l’avant-corps central, que couronne un fronton orné d’un relief représentant Le Couronnement de Flore.

Après la mort de Peyrenc de Moras, en 1732, la demeure est louée  à Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé, duchesse du Maine, puis vendu au maréchal de Biron après la mort de la princesse, en 1753. Transmis par voie d’héritage à Armand-Louis de Gontaut-Biron, puis loué à des entrepreneurs de bals publics, l’ancien Hôtel Peyrenc de Moras héberge le pontificat et l’ambassade de Russie sous l’Empire et le Consulat. Héritière des Biron, la duchesse de Béthune-Charost le cède, en 1820, à la Société du Sacré-Cœur de Jésus, qui fait retirer les plus beaux ornements du décor intérieur, jugés superflus à la nouvelle destination des lieux. En 1876, l’architecte Juste Lisch édifie, à l’angle nord-ouest du domaine, une chapelle de style néo-gothique, qui servira plus tard d’atelier aux artistes de passage.

Confisqué en application des lois de séparation entre l’Église et l’État, l’Hôtel Biron n’est plus qu’une carcasse vide, promise à la démolition, entourée d’un parc à l’abandon. De nombreux artistes s’installent provisoirement sur le domaine, dès 1905, parmi lesquels l’écrivain Jean Cocteau, le peintre Henri Matisse ou la danseuse Isadora Duncan. Auguste Rodin s’y installe en 1908, sur les conseils du poète Rainer Maria Rilke.

Dès 1909, Rodin milite pour le rachat de l’Hôtel Biron par l’État, proposant de remettre l’intégralité de ses collections à la condition que l’ancienne demeure devienne le musée Rodin. En 1911, l’État fait l’acquisition de l’Hôtel Biron, mais projette d’y installer le lycée Victor-Duruy. Tous les occupants doivent quitter les lieux. Rodin résiste toutefois à l’injonction. En 1916, l’Assemblée nationale accepte finalement la donation de l’artiste (œuvre sculpté, dessins et collection d’antiques) et décide la création du musée Rodin en l’Hôtel Biron. Le musée Rodin ouvre officiellement ses portes en 1919.

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Une allée de la roseraie ouest

Le jardin de l’Hôtel Biron, désormais musée Rodin, comprend une roseraie, encadrant la Cour d’honneur, un grand parterre de verdure, du côté du jardin, terminé par une terrasse et une charmille, qui dissimulent un espace de repos. Deux parcours thématiques sont créés en 1993, de part et d’autre du tapis vert central : le « jardin d’Orphée », où végétation et rocaille s’entremêlent et le « jardin des Sources », ponctué de points d’eau. Un véritable musée de plein air se développe dans le sous-bois planté à l’est du grand parterre. 

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Auguste Rodin (1840-1917)

Le Penseur, 1880-1904, bronze, Paris, jardin de l’Hôtel Biron-musée Rodin

D’abord créée en petit format pour la Porte de l’Enfer dès 1880, où elle trône au milieu du tympan, cette célèbre sculpture de Rodin symbolise Dante réfléchissant à sa création poétique et, par extension, le Créateur en général. C’est en 1901 que Rodin envisage son agrandissement : l’œuvre est alors présentée au Salon de 1904, puis fait l’objet d’une souscription publique pour être transposée en bronze et placée dans l’espace public. Disposée devant le Panthéon en 1906, mais jugée trop petite, elle est finalement rendue au musée Rodin en 1922. 

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Auguste Rodin

Monument à Balzac, 1897, bronze, Paris, jardin de l’Hôtel Biron-musée Rodin

La Société des Gens de Lettres, ayant ouvert, en 1883, une souscription pour élever un monument à Balzac, sollicite Rodin après la mort du sculpteur Chapu, mort en 1891. Celui-ci multiplie les études et se décide, vers 1896, à représenter l’écrivain en robe de chambre. Présenté au Salon de la Société des Beaux-Arts de 1898, le projet, dont la simplification audacieuse des formes fait scandale, est refusé par la Société des Gens de Lettres qui fait « défense à Monsieur Rodin de couler en bronze le plâtre présenté par Rodin ». Elle ne sera coulée en bronze que tardivement, en 1926, et placée sur le boulevard Raspail, à Paris. D’autres versions existent : l’une d’elles orne un petit parterre lattéral, sur le côté ouest du jardin de l’Hôtel Biron.

 

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Détail du Monument à Balzac 

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Les pivoines du jardin des Sources

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Ombre, pourtour du bassin d’Ugolin, jardin de l’Hôtel Biron-musée Rodin

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Ombre et les lilas fleurissant, au printemps, le pourtour du bassin d’Ugolin

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Lilas et parterre fleuri sur le pourtour du bassin d’Ugolin. Vue tournée vers la façade de l’Hôtel Biron

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Auguste Rodin

Monument à Victor Hugo, 1890, bronze, Paris, jardin de l’Hôtel Biron-musée Rodin

En 1889, Auguste Rodin reçoit la commande d’un monument à Victor Hugo pour faire pendant, dans le transept du Panthéon, au monument érigé en hommage à Mirabeau, par le sculpteur Injalbert. Rodin choisit de représenter le poète, en exil à Guernesey, le bras tendu, comme pour calmer les flots. Selon la tradition iconographique, le grand homme est représenté nu, mais le corps usé par le temps, accompagné des muses inspiratrices. Ce premier projet, refusé à l’unanimité, donne lieu à un seconde proposition, plus monumentale, pour laquelle Rodin présente le poète debout et vêtu, appuyé sur une pyramide de rochers, qui convient mieux à l’ampleur du lieu.

Ce second projet ne verra toutefois jamais le jour, contrairement au Victor Hugo nu et assis, « récupéré » en 1891 par le directeur des Beaux-Arts et exécuté en marbre (sans les muses inspiratrices) pour les jardins du Palais-Royal. Installé en 1909, il y demeura jusqu’en 1933, avant de rejoindre l’Hôtel Biron. Un exemplaire en bronze, fondu par la fondation Coubertin en 1997, orne également le sous-bois du jardin de l’Hôtel Biron.

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Détail du Monument à Victor Hugo 

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