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La gare du musée d’Orsay (1898-1900)

Quai Anatole-France

musée orsay

Au XIXème siècle, l’emplacement de la gare d’Orsay était occupé par deux bâtiments : la caserne de la cavalerie et le palais d’Orsay. Édifié à l’initiative de Napoléon Ier, le palais d’Orsay fut d’abord destiné au ministère des Affaires Étrangères, avant d’être affecté au Conseil d’Etat en 1840, puis à la Cour des comptes, deux ans plus tard. Incendié en 1871, pendant la Commune de Paris, le palais d’Orsay demeura à l’état de ruine, avant d’être démoli en 1898.

carte postale ancienne gare du quai d'orsay     gare du quai d'orsay

Cette année-là, l’architecte Victor Laloux, grand prix de Rome en 1878, débuta le chantier de la gare d’Orsay, sur le terrain cédé par l’État à la Compagnie des Chemins de fer d’Orléans. Cette nouvelle gare terminus, mieux située que la gare de la place Valhubert (actuelle gare d’Austerlitz), devait accueillir les visiteurs et les délégations étrangères de l’Exposition universelle de l’année 1900. Elle devait satisfaire aux exigences d’une gare moderne, réservée uniquement aux trains à traction électrique : elle était, pour cela, dotée d’ascenseurs pour les voyageurs, de plans inclinés et de monte-charges pour les bagages, de services d’accueil au rez-de-chaussée…).

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Le pavillon de Flore, vu depuis le salon de l’horloge (pavillon amont, vestibule précédant la galerie des impressionnistes) 

Son architecture extérieure devait par ailleurs se fondre dans le cadre élégant formé, au cœur de Paris, par la proximité des Tuileries et du Louvre. Du côté du fleuve, Laloux conçut par conséquent un portique monumental en pierre, orné de sculptures décoratives, qui répondait harmonieusement aux façades de l’ancien palais des rois de France. Ce portique dissimula le hall métallique de la gare, dont on aperçoit le grand cintre en se positionnant sur le quai des Tuileries. La nouvelle gare du quai d’Orsay disparaissait ainsi derrière une façade en pierre que les riverains trouvèrent probablement plus acceptable !

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Ce portique comprend une série de larges baies soutenant un bandeau général qui forme la base de la toiture. Il est décoré de trois statues monumentales, disposées à l’aplomb des baies. Elles représentent les principales destinations desservies par la Compagnie d’Orléans: BordeauxToulouse et Nantes, sculptées par Jean-Baptiste Hugues (1849-1930), Laurent Marqueste (1848-1920) et Jean-Antoine Injalbert (1845-1933).

L’agrafe des grandes arcades est en outre décorée d’un mufle de lion et ornée du caducée. Cette baguette surmontée de deux ailes et entourée de deux serpents entrelacés est l’attribut de Mercure, messager des dieux de la mythologie gréco-romaine, dieu du commerce et des voyages. 

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Des pavillons en ressaut, coiffés d’un dôme parallélépipédique, surmontés d’un obélisque et d’une pomme de pin, indiquent les deux extrémités de ce portique.

musée orsay horloge (2)

Vue de l’horloge du pavillon amont de la gare du musée d’Orsay

Chaque pavillon enserre le cadran d’une horloge imposante, ceinte d’une guirlande nouée de feuilles de chêne. Sous l’horloge, une tablette porte l’inscription « PARIS-ORLÉANS », réduite aux lettres « P O », gravées sur deux socles feints qui se détachent en relief.

 

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La façade donnant sur la rue de Bellechasse

Cette gare moderne, débarrassée des fumées désagréables produites par les trains à vapeur, fut associée à un luxueux hôtel terminus, dont les façades occupaient l’angle nord-ouest de la gare, se dressaient devant la rue de Bellechasse et le long de la rue de Lille. Laloux dissimula ainsi la verrière à charpente métallique du grand hall de la gare derrière une véritable enveloppe de pierre!

Du côté de la rue de Bellechasse, la façade de l’hôtel terminus comprend un corps central, flanqué de deux petits pavillons à clocheton, auquel s’ajoute un bâtiment d’angle, qui donne également sur le quai. Le corps central prend appui sur un soubassement à refends, protégé par une marquise. De là, les hautes baies en plein cintre du bel étage, les petites fenêtres de l’attique, le balcon filant, interrompu par le fronton brisé des pavillons, les dernières fenêtres en façade et les lucarnes ne laissent rien deviner du grand hall de la gare.

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Le grand hall

Dans cette gare moderne, où l’électricité a remplacé la vapeur, l’architecture intérieure jouit d’un décor soigné inédit. Des caissons à rosace et bordure d’oves habillent en effet la structure métallique de la verrière du grand hall, dont le cintre retombe sur des piliers qui supportent, à gauche et à droite, de hautes arcades.

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Les caissons à rosace de la voûte

Un grand écusson ceint de branches de laurier, coiffé d’une couronne et appuyé sur une tête de lion, marque certaines arcades.

 

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L’horloge intérieure

Dans le grand hall, un rang de lanternes suspendues renforce l’éclairage naturel de la verrière. Face à l’arrivée des trains, une horloge monumentale informait les voyageurs de la gare d’Orléans et donne aujourd’hui l’heure aux visiteurs du musée d’Orsay. Les grandes arcades communiquaient, à gauche, avec l’ancien vestibule de la gare et le portique, qui permettait d’accéder, depuis le quai d’Orsay (actuel quai Anatole-France), à la plateforme des voyageurs.

intérieur gare orléans

Ces grandes arcades sont aujourd’hui resserrées par des parois qui constituent les salles de peinture du musée d’Orsay. Elles s’ouvraient autrefois sur un vestibule surmonté de coupoles et éclairé de lanternes semblables à celles du grand hall.

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 Le vestibule est désormais compartimenté, mais la couverture en coupoles successives est encore visible. Ces coupoles portent un décor à la gloire des villes desservies par la gare d’Orléans, qui laisse apparaître la structure métallique. Les salles, aménagées dans l’épaisseur du portique longeant le quai, offrent une belle vue sur les bords de Seine, le jardin des Tuileries et le Louvre. De l’autre côté du cours central, les galeries de peinture du niveau médian (côté rue de Lille, derrière la galerie Françoise-Cachin) sont aménagées dans les salles de l’ancien hôtel d’Orsay.


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La salle des fêtes

Victor Laloux prit soin de dessiner lui-même le décor des salons et des chambres de l’hôtel terminus. Son inspiration puisa dans les styles classiques français, de Louis XIV à Louis XVI, qu’il se plut à mêler avec un certain goût de l’abondance. Que reste-t-il aujourd’hui de l’hôtel terminus de la gare d’Orsay ? La salle des fêtes, aménagée dans le pavillon aval, mais aussi la salle à manger et le salon de lecture (affectés désormais au restaurant du musée), disposés derrière la façade de la rue de Bellechasse, en constituent les remarquables témoignages.

La salle des fêtes est une grande pièce d’apparat, dont les murs nord et sud portent de grands miroirs. Son décor foisonnant associe les reliefs rehaussés à l’or, sur fond blanc, aux peintures décoratives du plafond, des pendentifs et des lunettes.

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Des luminaires en cristal, suspendus aux angles du plafond, éclairent la salle des fêtes de l’hôtel d’Orsay. Chaque luminaire possède quatre bras soutenant chacun quatre lustres en forme de « sac à perles ». La présence de ces lustres est d’autant plus sensible qu’ils se reflètent à l’infini dans les grands miroirs.

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Des guirlandes lumineuses à feuilles de cristal renforcent l’éclairage latéral de la pièce. Ces guirlandes sont accrochées, par une extrémité, au chapiteau des colonnes isolées et des pilastres situés dans leur alignement, et, par l’autre extrémité, à un lustre suspendu à mi-distance de ces supports.

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Ces lustres ont en outre la forme d’un bouquet : ils se composent de plusieurs tiges et feuilles en cristal, sur lesquelles s’ajustent les abats-jours qui évoquent les pétales d’une tulipe.  

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Pour l’exécution des peintures, Laloux s’adressa à deux artistes : Pierre Fritel (1853-1942) et Adrien Moreau-Néret (1860-1944). C’est Pierre Fritel qui réalisa Le char du Soleil pour le plafond de la salle des fêtes. Cet élève de Cabanel y révèle un sens du grand décor, avec une maîtrise des raccourcis et de la vue da sotto in su, dans un style à mi-chemin entre académisme et romantisme.

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Pendentifs peints, tondo décoratif, flanqué d’amours

Les pendentifs du plafond sont ornés de peintures allégoriques sur le thème des Arts et des Saisons, exécutées par le même Fritel. Sur les grands côtés, ces pendentifs retombent sur une saillie de l’entablement, portée par deux colonnes isolées, qui produit un renfoncement plus important ; ils retombent ailleurs sur une corniche peu saillante, au droit de simples pilastres. Entre ces pendentifs, les lunettes sont ornées de peintures décoratives circulaires, flanquées d’amours en stuc.

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  Vers le quai d’Orsay, deux piliers décorés de pilastres délimitent une galerie de circulation qui offre une vue splendide sur la Seine. De ce côté, le décor est plus sobre, même s’il n’est pas complètement dépouillé. Des mascarons décorent le plafond ; des peintures, exécutées par Moreau-Néret, sont appliquées en dessus-de-porte.

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En 1939, la fermeture définitive des lignes ouvrit une période incertaine au terme de laquelle l’architecture de Laloux faillit disparaître. L’idée de la création d’un musée consacré aux arts de la seconde moitié du XIXème siècle, formulée en 1973, aboutit en 1986.

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Le cours central, autrefois occupé par les rails du chemin de fer, et les terrasses latérales (terrasse Seine et galerie Françoise-Cachin) sont consacrés à la sculpture. Parmi les chefs-d’œuvre les plus connus, le visiteur reconnaîtra aisément une réduction de La statue de la Liberté de Bartholdi, retirée du jardin du Luxembourg, où elle été remplacée par une copie ; mais aussi le modèle en plâtre du groupe de Carpeaux, représentant les Quatre parties du monde portant la voûte céleste.

La terrasse arrière est consacrée à Auguste Rodin : elle présente notamment un haut relief en plâtre de la fameuse Porte de l’Enfer, mais aussi le groupe relié en plâtre d’Ugolin.

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Les galeries extérieures sont consacrées aux expositions temporaires et aux collections permanentes (peinture et arts décoratifs). Une spectaculaire boiserie en acajou de style « Art nouveau », créée, entre 1900 et 1901, par le sculpteur-médailleur Alexandre Charpentier (1856-1909), a été aménagée en period-room. Cette salle à manger, commandée par le banquier Adrien Bénard pour sa villa de Champrosay, comprend deux dressoirs, deux argentiers et une jardinière, une table et plusieurs chaises, ainsi qu’une fontaine et une frise de carreaux, imaginées par le céramiste Alexandre Bigot (1862-1927).

Au niveau supérieur, le visiteur accède au salon de l’horloge (pavillon amont), à la galerie des impressionnistes et au café du pavillon aval.

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