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L’Ecole militaire (1751-1788)


Avenue de La Motte-Piquet, place du Maréchal Joffre

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Ange-Jacques Gabriel (1698-1782)

Veüe de l’Ecole royale militaire dédiée à Monsieur le marquis de Marigny, 1751, Bibliothèque nationale de France

C’est le maréchal de Saxe qui suggéra à Louis XV l’idée de fonder une école royale militaire, alors que la France venait de remporter la guerre de Succession d’Autriche en 1748. Il fit appuyer sa proposition par la marquise de Pompadour et le financier Joseph Pâris-Duverney. Le souverain proclama, par un édit du mois de janvier 1751, la création de la nouvelle institution, qu’il destina à l’éducation de cinq cents jeunes gentilshommes désargentés. Il chargea son Premier architecte, Ange-Jacques Gabriel (1698-1782), de concevoir l’ensemble des bâtiments.

Dans le projet primitif, le bâtiment central ou « château » était raccordé à de longues ailes perpendiculaires, situées de part et d’autre d’une cour d’honneur et délimitant diverses cours secondaires. Des portiques en rez-de-chaussée raccordaient, à l’est et à l’ouest, le bâtiment principal à des pavillons marquant l’extrémité de deux grandes cours, dites « de l’Etat-Major ». Plus au sud, et dans l’axe de la perspective, un manège en plein air ou « cour des Exercices » précédait une chapelle monumentale, environnée d’un jardin d’agrément.

Gabriel souhaitait ainsi surpasser l’exemple des Invalides, mais fut contraint de réviser son projet initial à la baisse en raison de difficultés financières. Le duc de Choiseul, secrétaire d’Etat à la guerre, approuva le plan définitif de l’Ecole royale militaire en 1766. Le Premier architecte du roi entreprit la construction du « Château », qu’il acheva en 1773. Il renonça à la construction d’une chapelle indépendante, qu’il eut l’idée d’intégrer au bâtiment principal par mesure d’économie.

Les travaux de l’Ecole se poursuivirent jusqu’en 1788. En 1774, Gabriel perdit en Louis XV son principal soutien et fut, dès l’année suivante, remplacé par Etienne-Louis Boullée (1728-1799). Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813) se chargea, à partir de 1782, de la construction des ailes basses en retour d’équerre qui flanquent le « Château ». Les bâtiments situés à l’extrémité, portant les inscriptions « CAVALERIE » et « ARTILLERIE », ont été ajoutés sous le Second Empire.

L’établissement, ouvert dès 1760, tomba en désuétude peu de temps après son achèvement et fut pillé à la Révolution. Servant notamment de caserne, l’Ecole royale militaire retrouva sa fonction initiale dans les dernières années du XIXe siècle. Elle abrite actuellement plusieurs établissements d’enseignements militaire supérieur.

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Le « Château », façade nord, tournée vers l’esplanade du Champ-de-Mars

La façade principale du « Château » regarde l’esplanade du Champ-de-Mars, aménagée à la même époque pour servir de terrains de manœuvre aux élèves de l’école. Comprenant trois niveaux (rez-de-chaussée, étage et attique), elle est divisée par un puissant avant-corps axial de huit colonnes colossales à chapiteau corinthien. Celui-ci soutient un dôme quadrangulaire inspiré de l’architecture du Louvre, sur lequel se détache une horloge de Jean-André Lepaute (1720-1789), horloger du roi.

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Les statues de l’entablement, façade principale du « Château »

Quatre statues de marbre encadrent deux à deux le tympan de la façade principale du « Château »: elles représentent La Victoire sous les traits de Louis XV, La FranceLa Paix et La Force sous la figure d’Hercule. On attribue ces quatre allégories, aujourd’hui remplacées par des copies, à Louis-Philippe Mouchy (1734-1801) ou Jean-Baptiste Cyprien Dhuez (1728-1793).  

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Le « Château », façade sud, tournée vers la Cour d’honneur

La façade intérieure du « Château » s’articule autour d’un avant-corps pareillement couronné d’un fronton pointu. Cet avant-corps est relié à deux pavillons d’angle par des portiques superposés, d’ordre dorique au rez-de-chaussée et ionique à l’étage.

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La corniche du pavillon oriental

La modénature classique des façades du « château », d’un grand raffinement, contribue, selon les propres termes de l’architecte à donner « de la simplicité et de la noblesse » à l’architecture.

 

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Le bas-relief couronnant la façade sud du « Château »

L’avant-corps de la façade sud est orné d’un bas-relief à sujet allégorique, mettant en scène la figure de Minerve. Des trophées d’armes se dressent derrière les rampants du fronton.

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L’horloge, côté Cour d’honneur

De ce côté également, une horloge de Lepaute, encadrée par des figures allégoriques, est appliquée entre deux oculi, à la base du dôme.

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La galerie orientale, avec la statue de la Victoire, sous les traits de Louis XV

Du côté de la place de Fontenoy, deux cours précèdent la façade méridionale du « Château » : la cour Morland, qui sert de manège, et la Cour d’honneur, bordée par deux galeries menant aux pavillons latéraux du bâtiment principal. Ces deux galeries séparent la Cour d’honneur des cours secondaires comprises entre les ailes du « Château ». Elles communiquent avec la Cour d’honneur par de grandes ouvertures rectangulaires flanquées de pilastres et de colonnes cannelées à chapiteau dorique.

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La statue originale représentant La Victoire sous les traits de Louis XV

Les galeries abritent les statues originales, aujourd’hui remplacées par des copies, qui décoraient l’entablement du « Château » et le couronnement des pavillons carrés de la Cour d’honneur. 

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La Victoire sous les traits de Louis XV (ici, avant restauration)

L’examen rapproché de la statue de Louis XV montre bien que le souverain, vêtu à l’antique, porte des braies gauloises serrées sur les mollets. Il tient, dans l’une de ses mains, une couronne de laurier, symbole de la Victoire.

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La chapelle Saint-Louis : la nef et le retable du maître-autel

La chapelle de l’Ecole royale militaire, consacrée à Saint-Louis, est aménagée dans l’aile orientale du « Château » entre 1769 et 1773. Elle se compose d’une nef unique, qui se prolonge sans interruption jusqu’à la clôture délimitant le chœur. Un grand retable ayant pour sujet La Dernière communion de Saint-Louis, peint en 1773 par Gabriel-François Doyen (1726-1806), domine le maître-autel.

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Le portique de l’entrée principale et le buffet d’orgue

Sur le côté opposé, un portique soutenu par quatre colonnes cannelées à chapiteau ionique forme un petit vestibule devant les portes de l’entrée principale. Ces colonnes soutiennent un bel entablement et une balustrade de pierre, derrière laquelle se dresse le buffet d’orgue. 

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La voûte de la nef

La nef est coiffée d’une voûte en anse de panier ornée de moulures dessinant un grand compartiment rectangulaire, dont la bordure représente des faisceaux d’armes. De part et d’autre de ce grand compartiment, les deux extrémités de la voûte sont ornées de figures géométriques et de caissons à rosaces.

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Le relief du tympan surplombant le maître-autel

Le retable du maître-autel s’insère entre deux colonnes cannelées à chapiteau ionique, qui soutiennent le grand entablement des petits côtés de la chapelle. De ce côté, le tympan est orné d’un relief qui met en scène deux angles éplorés de part et d’autre de l’Agneau mystique.

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L’élévation de la nef, sur les grands côtés

Des colonnes engagées à fût cannelé et chapiteau corinthien rythment les longs côtés de la nef : elles s’intercalent entre des renfoncements où sont accrochés les tableaux du cycle de Saint-Louis, les fenêtres hautes à garde-corps et supportent un entablement richement orné. Un bandeau sculpté de feuilles de chêne file à la base des garde-corps dont les anneaux sont ornés de culots à feuilles découpées. L’encadrement des fenêtres est souligné par trois rangs d’ornements (feuilles d’acanthe, olives et piécettes, feuilles d’eau) et leur couronnement, d’entrelacs à motifs de rosaces.

Le grand entablement est décoré, sur sa partie inférieure (architrave) de plusieurs rangs d’ornements : chapelets, perles et rais de cœur. La frise, laissée vierge, est encadrée de feuillages et la corniche, appuyée sur une base décorée d’oves, alterne modillons sculptés d’acanthes et motifs de rosaces.

Au-delà de la corniche, la base de la voûte est percée d’oculi ceints d’une guirlande de feuilles de chêne nouée par un ruban en leur sommet.

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Louis Jean-François Lagrenée (1725-1805)L’Entrevue du roi et du pape Innocent III, à Lyon (grand détail), Salon de 1773, Paris, chapelle Saint-Louis de  l’Ecole Militaire

Noël Hallé (1711-1781)Le Transport des saintes reliques de Vincennes à Paris (grand détail), Salon de 1773, Paris, chapelle Saint-Louis de l’Ecole Militaire

La commande de dix tableaux illustrant la vie de Saint Louis pour le décor de la chapelle de l’Ecole Militaire fut confiée à dix peintres d’histoire, sélectionnés par le directeur de l’Académie royale de peinture, Jean-Baptiste Marie Pierre. Tous les tableaux, à l’exception du sujet confié à Restout, achevé plus tard, firent sensation au Salon de 1773. Les tableaux peints par Lépicié et Taraval ont disparu lors de la Révolution.

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Le Grand Escalier

Le Grand Escalier, muni d’une rampe d’appui en ferronnerie, mène à la salle des gardes et au salon des Maréchaux depuis le pavillon oriental du « Château ». Il était orné de quatre statues, représentant Condé, Turenne, Luxembourg et Saxe, qui furent détruites à la Révolution.

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La salle des gardes : le buste de Pâris-Duverney

La salle des gardes précède le salon des Maréchaux, dont elle est en quelques sortes l’antichambre. Cette pièce renferme plusieurs portraits peints et sculptés, dont le buste de Joseph Pâris-Duverney, par Jean-Baptiste II Lemoyne (1704-1778).

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Le salon des Maréchaux

Le salon des Maréchaux est recouvert de boiseries blanc et or à motifs décoratifs, qui compartimentent les parois et les portes.

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L’élévation du salon des maréchaux

Son plafond à voussures repose sur une corniche scandée de consoles en forme de casques empanachés. Des médaillons de fleurs de Giovanni Casanova (1730-1795) ont remplacé les tableaux originels, détruits par les révolutionnaires le 19 août 1792. Ce même jour, les révolutionnaires détruisirent également la copie d’un grand portrait de Louis XV, par Prévost, qui ornait la cheminée à la place de la glace centrale.

Pour le décor de cette pièce d’apparat, Gabriel sollicita son collaborateur habituel, Jacques Verbeeckt (1704-1771), qui réalisa les trophées d’armes des panneaux. Philippe Caffieri (1714-1774) est, quant à lui, l’auteur des bronzes dorés représentant des jeux d’enfants symbolisant la Paix et des têtes de lion. De grands tableaux de bataille, réalisés en 1770 par Jean-Baptiste Le Paon (1736-1785), à l’initiative du duc de Choiseul, représentent quatre victoires remportées par le maréchal de Saxe. Ils montrent les batailles de Fontenoy (1745), de Lawfeld (1747) et les sièges de tournai (1745) et de Fribourg (1744).

Un impact de balle sur le grand miroir rappelle la fuite des Fédérés, le 22 mai 1871, chassés par les troupes versaillaises du général Douay, pendant la Commune de Paris.

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La rotonde Gabriel

L’un des bâtiments de la cour carrée Leclerc-Almandet, au sud-est du « Château », est occupée par une rotonde de forme octogonale, dénommée « Gabriel », du nom de son architecte. Chapelle de l’infirmerie à l’origine, elle est coiffée d’une coupole aplatie et éclairée par quatre « œils-de-bœuf » ou oculi.

La rotonde centrale communique, grâce à des portiques portés par des colonnes à chapiteau ionique, avec deux vestibules d’entrée et deux salles plus profondes. Les pendentifs de la coupole retombent sur des piliers qui dissimulent de petites pièces dont les portes sont couronnées d’un fronton arrondi.

De larges demi-lunes s’ouvrent sur les salles de l’étage, qui étaient autrefois réservées aux soins des malades.

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La cour Leclerc-Almandet

Sur chaque façade extérieure, la rotonde Gabriel présente un avant-corps dont l’étage, souligné d’un balcon à balustres, est couronné d’un fronton triangulaire. La cour Leclerc-Almandet, plantée d’arbres et de parterres de verdure, est volontiers aménagée en aire de repas, avec tables et chaises.

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La cour Delatte

La cour Delatte, située au sud-est de l’enclos de l’Ecole militaire, est bordée de bâtiments qui renferment les écuries et la sellerie. L’espace central de cette cour est occupé par un manège bordé de barrières en bois et, sur la bordure méridionale, d’un coin réservé au soin des chevaux.

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Le bâtiment des Ecuries

Les bâtiments, construits en pierre de taille, s’élèvent sur deux niveaux, auxquels s’ajoutent un rang de lucarnes. Des chaînes et des jambages de pierre renforcent les angles des bâtiments et le montant des portes et des baies. 

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Les stalles des écuries

Des stalles ont été aménagées à l’intérieur des écuries pour abriter les chevaux, de part et d’autre d’une allée pavée.

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