Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



La place du Palais-Bourbon (1778-1804)

Place du Palais-Bourbon

DSCF6122

La place du Palais-Bourbon

Cette place en forme de trapèze isocèle tire sa dénomination du palais voisin, actuelle Assemblée Nationale. Elle fut créée pour mettre en valeur le Palais Bourbon, alors demeure du prince de Condé. Ce palais avait été édifié pour Louise-Françoise de Bourbon (1673-1743), Mademoiselle de Nantes, fille naturelle de Louis XIV et de la marquise de Montespan. Veuve de Louis III de Bourbon-Condé depuis 1709, la duchesse de Bourbon avait, en 1720, acquis des terrains pour y disposer sa demeure qui, après bien des transformations, accueillera les corps législatifs à la fin du XVIIIe siècle.

Louise-Françoise de Bourbon céda par ailleurs une partie de sa propriété au marquis de Lassay, avec lequel la princesse entretenait une relation amoureuse. Celui-ci y fit bâtir son hôtel particulier, qui renferme aujourd’hui la résidence officielle du président de l’Assemblée Nationale.

La place du « Palais-de-Bourbon » devint, sous la Révolution, la « place du Conseil des Cinq-Cents », avant d’être, sous l’Empire, celle « du Palais-du-Corps-Législatif ». Elle reprit sa dénomination première en 1818, rapidement contractée en « Palais-Bourbon »

palais-bourbon-1722

Jacques (1681-1754) et Jean-Baptiste Rigaud (né en 1720)

Autre vue du Palais-Bourbon, vers 1722, burin et eau-forte, Paris, collection de l’Assemblée Nationale

 Quatre architectes, parmi lesquels Jean Aubert (1680-1741) et Jacques V Gabriel (1667-1742), se succédèrent sur le chantier du Palais-Bourbon. L’aspect primitif du palais rappelait très étroitement, par son style, le Grand Trianon, à Versailles, et fut considéré, au XVIIIe siècle, comme « le plus grand ornement de la ville après les maisons royales ».

Paris Le Palais Bourbon

La porte d’entrée du côté de la rue de Bourgogne, à l’époque de la duchesse de Bourbon

Du côté de la rue de Bourgogne, la porte d’entrée du Palais-Bourbon formait une clôture en hémicycle, flanquée de deux pavillons servant de logement aux gens de la princesse. D’après Piganiol de La Force, cette porte soutenait « les armes de la Princesse » présentées par deux Génies installés sur des nuages. Le mémorialiste nous apprend également que les piédestaux de l’entablement supportaient deux statues assises : l’une représentant Minerve et l’autre, L’Abondance.

Cette porte donnait accès à une avant-cour plantée de deux allées de marronniers, séparée de la Cour d’honneur par une balustrade.

Après la mort de la duchesse de Bourbon, Louis XV se porta acquéreur de la demeure, qu’il céda, en 1764, au prince Louis V Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818). En 1768, celui-ci racheta également l’hôtel particulier voisin. Il engagea d’importants travaux d’agrandissement du Palais-Bourbon, qu’il relia, par une galerie, à l’Hôtel de Lassay.

DSCF6120

Le portail d’entrée du Palais-Bourbon

Du côté de la rue de Bourgogne, le prince de Condé fit élever une clôture à la sobriété néoclassique. Cette porte « a la forme d’un péristyle d’ordre corinthien, faisant avant-corps sur le milieu, pour placer les armes du Prince ». Le péristyle est par ailleurs « soutenu de deux pavillons décorés comme les bâtiments des ailes qui forment l’avant-cour » (A.-N. Dezallier d’Argenville, Voyage pittoresque de Paris, Paris, 1770, p. 404).

plan verniquet 1790 place palais bourbon

Edme Verniquet (1727-1804)

Plan de la ville de Paris avec sa nouvelle enceinte Levé Géométriquement sur la Méridienne de l’Observatoire, 1790 [détail de la place du Palais-Bourbon]

Le prince de Condé occupa les lieux jusqu’à la Révolution. Comme d’autres demeures princières, le Palais-Bourbon fut confisqué comme « bien national » en 1791 ; on y aménagea un hémicycle afin d’accueillir la chambre du parlement. Sous la Restauration, les Condé reprirent possession de leurs biens, mais durent louer le palais à la Chambre des députés pour un bail de trois ans. L’État devint définitivement propriétaire des lieux en 1827.

Le projet d’une place menant, en s’élargissant, à la Cour d’honneur du Palais-Bourbon remonte à l’époque de la duchesse de Bourbon. Il resta toutefois sans suite. En 1769, le prince de Condé reprit l’idée : il fit l’acquisition des terrains nécessaires, qui devait permettre à la fois de mettre en valeur l’entrée principale de sa demeure et de réaliser une fructueuse opération immobilière grâce à la construction d’immeubles de rapport.

A partir de 1775, plusieurs projets développèrent l’idée d’une place formée à partir de la rue de Bourgogne, légèrement redressée pour déboucher dans l’axe du palais. Une première proposition suggéra un plan semi-circulaire ; une seconde proposition, finalement retenue, repoussa l’arc-de-cercle au-delà d’une première partie en forme de quadrilatère.

    Les travaux débutèrent tardivement, en 1788, et se poursuivirent après l’exil du prince de Condé qui ne put imposer le plan ambitieux initial. Les entrepreneurs y substituèrent le plan en forme de trapèze, plus facile à réaliser et par conséquent plus économique.

immeubles place palais bourbon

L’angle nord-ouest de la place du Palais-Bourbon

Les immeubles bâtis en bordure de la place présentent une harmonie incontestable, qui s’accorde parfaitement avec l’élévation des pavillons encadrant le portail d’entrée du palais : un rez-de-chaussée à refends, un grand étage percé de fenêtres à fronton pointu, un second étage sous une corniche à modillons et un attique. Toutes les façades comprennent en outre un dernier niveau légèrement en retrait, bordé d’un balcon à balustrade, à l’exception des bâtiments situés sur le côté ouest de la place.

statue république palais bourbon

Charles Marville

Statue de la République. Place du Palais-Bourbon, 1852, photographie, Paris, musée Carnavalet

Les régimes politiques qui se sont succédé se sont essentiellement préoccupé de la décoration intérieure du Palais-Bourbon. On n’envisagea pas d’orner le centre de la place d’une statue sur piédestal avant le règne de Louis-Philippe, et d’autant moins que cette place devait, à l’origine, dégager la vue sur la demeure du prince de Condé.

Dans le contexte de réconciliation nationale voulue par le roi des Français, il fut d’abord question d’ériger une statue du roi Louis XVIII, afin de rendre hommage à l’auteur de la Charte de 1814. Le socle de la statue royale, confiée au sculpteur Astyanax-Scevola Bosio (1793-1876), fut disposé en 1845, mais la chute de la Monarchie de Juillet en décida autrement.

Dès 1848, la Seconde République lança un concours de sculpture « pour la figure (…) de la République française » et désigna le modèle en plâtre de Feuchère. L’artiste opta également pour une figure assise, plus convenable aux proportions de la place. Le modèle en plâtre disposé sur le socle vide, en 1849, passa toutefois pour représenter La Constitution. D’après la photographie de Marville, la figure était coiffée du bonnet phrygien, tenait le sceptre de justice de son bras gauche et appuyait la main droite sur une table gravée.

statue assemblée nat

Jean-Jacques Feuchère (1807-1852)

La Loi, 1848-52, marbre, Paris, place du Palais-Bourbon

Tout porte à croire que Feuchère fit évoluer le sens de son allégorie, achevée en 1852 et inaugurée tardivement, en 1855, bien après le coup d’État bonapartiste et le début du Second Empire. L’attitude, plus hiératique, est inversée par rapport au grand modèle en plâtre photographié par Marville.

L’actuelle figure de marbre représente désormais La Loi sous la figure d’une femme vêtue d’une tunique et d’une draperie ample, fixée sur l’épaule. Elle est assise sur une chaise curule. Sa coiffure est arrangée différemment : ses cheveux sont noués par un ruban et ceint d’une couronne végétale.

DSCF6118

Les attributs de la Prudence

Le socle évolua également, si l’on en croit la photographie de Marville, qui suggère des reliefs à sujets narratifs. L’actuel piédestal de la statue de La Loi est orné de médaillons ceints d’une couronne de laurier sur ses faces latérales : ces médaillons renferment, d’un côté, les attributs de la Prudence (miroir et serpent) et de l’autre, ceux de la Justice (balance et œil à rayonnement solaire, probable allusion à la Providence).

Depuis la chute du Second Empire, les reliefs des petits côtés ont été modifiés : la face arrière est ornée d’une couronne de chêne, agrémentée de tiges de laurier, qui entoure un glaive en remplacement de l’aigle impérial. La face avant porte une grande table vierge, qui présentait autrefois une dédicace à l’Empereur. 

  DSCF6119

La grille de protection du monument de la place du Palais-Bourbon

Le monument est entouré d’une grille de protection, qui consiste en quatre rangées de pointes ceintes de feuillage. Ce décor renvoie aux lances à pointe dorée qui protègent le péristyle du portail d’entrée de l’Assemblée Nationale.

.
 
123456

Blog du niveau intermédiaire |
Blablarts |
I am the devil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | SPORT ETE FABULEUSE MAGIE ...
| HISTOIRES DESSINÉES
| Couleurdevie