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L’Hôtel royal des Invalides (1671-1677)

Rue de Grenelle

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La façade principale

Souhaité par Louis XIV pour héberger les soldats blessés lors de la guerre de Trente ans, l’Hôtel royal des Invalides est l’œuvre de Libéral Bruant. Les premiers pensionnaires de l’établissement s’installèrent en 1674. A la fois hospice, caserne, couvent, hôpital et manufacture, les Invalides accueillirent 4000 pensionnaires à la fin du XVIIe siècle. Les pensionnaires les plus valides, organisés en compagnies, assuraient des services de garde (notamment à la Bastille) ; les autres faisaient fonctionner des ateliers de tapisserie, de cordonnerie ou d’enluminure.

Le point de vue le plus remarquable sur l’Hôtel royal des Invalides se situe sur les berges de la Seine, à l’entrée de l’esplanade, dont la profonde perspective laisse apparaître la façade principale de l’édifice, précédée d’une vaste avant-cour. Cette esplanade, ponctuée de plusieurs pièces de gazon délimitées par des balustrades de pierre, est coupée par les rues Saint-Dominique et de l’Université.

L’entrée de l’avant-cour, défendue par un fossé et fermée par une grille, est flanquée de deux pavillons servant de corps de garde. La façade principale présente un long corps de bâtiment, avec deux pavillons à chaque extrémité et un pavillon central. Elle s’appuie sur un rez-de-chaussée entresolé et percé d’arcades, puis se compose de quatre niveaux : le grand entablement sépare l’étage noble et l’attique, percé de petites fenêtres. Des lucarnes sculptées de trophées militaires et des pots-à-feu se dressent alternativement à la base de la toiture.

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Le pavillon central

Construit en saillie et raccordé au mur droit de la façade par des murs incurvés, le pavillon central est décoré de pilastres ioniques qui reçoivent une grande archivolte ornée d’un soleil rayonnant et de trophées militaires. Un bas-relief représentant Louis XIV à cheval, accompagné de la Justice et de la Prudence orne le tympan.

L’architecture du pavillon central a été fort discutée et les choix de Libéral Bruant, parfois considérés comme des maladresses, notamment le « blanc » séparant les pilastres de l’archivolte, les proportions démesurées du tympan (à la place du fronton attendu), le choix de l’ordre ionique et le type passé de mode du cavalier de profil.

Invalides fronton

Le tympan du pavillon central

Le programme ornemental de la façade principale de l’Hôtel des Invalides, conçu à la gloire de Louis XIV, fut tardivement repris sous le règne de son successeur. Dans l’arc en plein cintre couronnant le pavillon central, Guillaume I Coustou sculpta, en 1734, un bas-relief représentant Louis XIV, entouré de la Prudence et de la Justice. En 1815, Pierre Cartellier retailla le relief de Coustou, détérioré à la Révolution.

Invalides Mars

Guillaume I Coustou (1677-1746)

Mars, dieu de la Guerre, casqué et en armure, 1733-34 (remplacé par une copie moderne dans les années 1960), pierre, Paris, façade principale de l’Hôtel royal des Invalides

Le même Coustou est l’auteur des deux sculptures monumentales qui flanquent le grand portail de la façade principale et de la tête d’Hercule qui orne la clé de voûte de la porte.

Invalides Minerve

Guillaume I Coustou (1677-1746)

Minerve, déesse de la Sagesse (avec la chouette, symbole de la sagesse), 1733-34 (remplacée par une copie moderne dans les années 1960), pierre, Paris, façade principale de l’Hôtel royal des Invalides

 Conçues en pendant, les deux figures de Mars et de Minerve sont tournées, l’une vers l’autre. Le thème guerrier du Mars casqué et de la Minerve au bouclier s’accorde parfaitement à la destination des lieux.

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Le revers la façade principale, au nord de la Cour royale (actuelle Cour d’honneur)

Le plan de l’Hôtel des Invalides s’inspire de l’architecture hospitalière et conventuelle, dont les bâtiments s’articulent traditionnellement autour d’une cour fermée, ceinte d’une galerie-promenoir. Un grand et magnifique vestibule à trois nefs, pratiqué dans le pavillon central de la façade principale, donne accès à la Cour royale.

Cette grande cour régulière est fermée par quatre corps de logis identiques, dont le milieu est occupé par des avant-corps en léger ressaut, couronnés d’un fronton. Sur les quatre côtés, les façades sont constituées de deux portiques ouverts en arcade au rez-de-chaussée et à l’étage. Ces portiques au décor extrêmement dépouillé abritent des galeries qui conduisaient dans tous les logements. Dans les angles de la Cour royale, des pavillons se dressent en ressaut sur les façades ; ils sont, au sud, doublés à l’extérieur de la Cour royale.

Les bâtiments des grands côtés de la cour royale abritaient les réfectoires des soldats et des officiers. Par le grand avant-corps central signalant le milieu de chaque côté, les pensionnaires pouvaient accéder aux bâtiments secondaires disposés autour des cours latérales (nommées aujourd’hui cours d’Angoulême et de la Victoire, à l’ouest ; cours d’Austerlitz et de la Valeur, à l’est).

Conçu comme une véritable cité, l’Hôtel des Invalides s’étendait au sud, selon le même principe architectural. Des bâtiments plus simples et moins élevés constituaient, de part et d’autre de l’église Saint-Louis, de petites cours carrées, consacrées aux infirmeries, à l’apothicairerie, à des jardins réservés aux prêtres, au gouverneur ou à l’intendant…

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L’avant-corps du côté sud, formant l’entrée de l’église Saint-Louis

L’avant-corps situé au fond de la Cour royale, précédé d’un perron de quelques marches, s’apparente à un portique monumental : il sert de façade à l’église Saint-Louis-des-Invalides. Son élévation se distingue nettement des trois autres avant-corps : les  colonnes couplées à chapiteau ionique du rez-de-chaussée soutiennent un entablement et une balustrade, sur laquelle s’appuient les colonnes à chapiteau composite de l’étage. L’élévation est couronnée d’un fronton portant le cadran d’une horloge entre deux figures allégoriques.

Depuis 1911, l’arcade centrale du premier étage accueille la statue de Napoléon Ier, que Charles-Émile Seurre (1798-1858) avait exécutée pour la colonne Vendôme.

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Le décor sculpté de la Cour royale

Des lucarnes en œil-de-bœuf ornées de trophées garnissent la base des toitures coiffant les façades de la Cour royale (actuelle Cour d’honneur des Invalides). Des groupes de chevaux foulant les attributs de la Guerre ornent l’arête de la toiture des pavillons d’angle.

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Les cadrans solaires appliqués au revers de la façade principale

Dans la Cour royale, sept cadrans solaires donnent encore l’heure au promeneur. Au revers de la façade principale, deux cadrans verticaux, légèrement déclinant de l’après-midi, créés en 1679, occupent le milieu de deux arcades, sous l’entablement et le fronton de l’avant-corps, décoré d’armures et de trophées militaires.

Ils sont, vers 1780, doublés par un grand cadran méridional divisé en deux parties, appliqué sur les pilastres situés dans l’alignement. La partie de gauche donne les heures du matin ; celle de droite, les heures de l’après-midi. Les deux parties du cadran méridionale donnent les demi-heures, indiquées par des lignes pointillées.

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Les cadrans appliqués sur la façade tournée vers l’ouest

La façade tournée vers l’ouest porte deux cadrans de l’après-midi occupent le milieu des arcades de l’avant-corps. Le cadran de gauche indique les heures babyloniques (comptées d’un lever du soleil à un autre) et le cadran de droite, les heures italiques (comptées d’un coucher de soleil à un autre). Chaque cadran signale les symboles du Zodiaque, sous la forme de silhouettes peintes en rouge.       

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Le grand escalier du pavillon oriental

Derrière la Cour royale, deux cours collatérales, bordées de corridors, longent les flancs de l’église Saint-Louis. Dans les pavillons formant l’angle extérieur de la Cour royale, un grand escalier à rampe en fer forgé permet d’accéder au premier étage de la galerie sud.

Devenu « Hôtel national des Militaires Invalides » en 1791, l’hôtel royal ne traversa pas la période révolutionnaire sans dommages : pillages, destruction des emblèmes royaux et des symboles religieux… Sous le Consulat, Bonaparte entretint un rapport étroit avec les Invalides, dans le but de gagner l’estime des soldats. En 1800, il choisit d’y célébrer l’anniversaire de la fondation de la République. Trois ans plus tard, sacré Empereur, il y organisait la première remise de médailles de la Légion d’honneur aux officiers méritants.

En 1840, le roi Louis-Philippe désigna les Invalides redevenues « hôtel royal » pour recevoir les restes de l’Empereur mort à Sainte-Hélène.

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Le plan-relief du Mont saint-Michel

L’Hôtel royal des Invalides endossa, dès 1777, une fonction muséale : il abrita alors la galerie royale des plans et reliefs, conservée jusque-là dans la Grande galerie du Louvre. En 1872, on y créa un musée d’artillerie et, en 1896, un musée historique des armées, qui furent réunis en un musée de l’Armée en 1905.

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Alphonse de Neuville (1836-1885)

Les Dernières cartouches ou Défense d’une maison cernée par l’ennemi, 1873, huile sur toile, 109 x 165 cm, Bazeilles, maison de la Dernière Cartouche

Le musée de l’Armée propose régulièrement d’intéressantes expositions temporaires. En 2017, France-Allemagne(s) 1870-1871. La guerre, la Commune, les mémoires a porté un regard nouveau sur un conflit méconnu : la guerre de 1870. Didactique et riche en documents, objets, uniformes, photographies, sculptures et tableaux de maîtres (Edouard Detaille, Alphonse de Neuville), l’exposition du musée de l’armée valait largement le détour pour tous les passionnés d’histoire.

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