Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



L’hôtel particulier de la rue Vaneau (1835)

Rue Vaneau

façade

La façade de l’hôtel particulier

L’hôtel particulier du 14, rue Vaneau est considéré comme le manifeste de l’architecture néorenaissance, qui se développa sous la Monarchie de Juillet. Son auteur, Pierre-Charles Dusillion (1804-1878), travailla surtout pour l’aristocratie légitimiste du faubourg Saint-Germain et s’affirma comme l’un des principaux animateurs du courant néorenaissance.

Bâti quelques années avant l’Hôtel de la Païva de la place Saint-Georges, l’hôtel particulier de la rue Vaneau suscita rapidement la curiosité publique et parut dans les guides touristiques. Cet hôtel particulier était alors le second édifice faisant explicitement référence au XVIe siècle, après la maison dite « de François Ier », qui intégrait d’authentiques bas-reliefs de la Renaissance. Bâtie par François Mazois à l’angle du Cours la Reine et de la rue Bayard, cette maison, démontée pierre par pierre en 1957, se dresse aujourd’hui à Moret-sur-Loing (Essonne).

L’hôtel particulier de la rue Vaneau possède une façade Renaissance sur une structure parfaitement symétrique encore tributaire de l’esthétique classique.

Cette façade se compose d’un rez-de-chaussée percé de baies cintrées et d’une porte en bois à double vantail, puis d’un étage noble à baies rectangulaires, autour d’une fenêtre axiale coiffée d’un fronton pointu. Un rang de lucarnes à décor historié anime la base de la toiture. Les hauts combles couverts d’ardoises et terminés par une crête en zinc rattachent par ailleurs l’hôtel particulier de la rue Vaneau à un style « Second Empire » avant la lettre.

DSCF6129

La fenêtre axiale de l’étage avec le portrait en médaillon de Philibert Delorme 

Le profil en médaillon de l’architecte Philibert Delorme, copié d’après un moulage représentant en réalité Jean Bullant, confirme l’intérêt de Dusillion pour l’art pratiqué sous le règne de Henri II. Les nymphes, sculptées dans le style de Jean Goujon, et les trophées cynégétiques du décor en plâtre de la façade, rappellent les reliefs de l’escalier monumental menant, au Louvre, à la salle des Cariatides, ou encore les allégories de l’Hôtel Carnavalet.

  Le panneautage rigoureux de la façade souligne l’équilibre géométrique de la composition, tout en introduisant la polychromie grâce aux incrustations de marbre de Sienne. Sur le modèle de la maison de Mazois, l’architecte applique sur l’architrave de l’entablement couronnant l’étage, une inscription latine directement inspirée de Vitruve : Bona aedificatio tres habet conditiones commoditatem, firmitatem et delectationem (« Une bonne architecture requiert trois conditions: la commodité, la solidité et l’agrément »).

DSCF6126

Une baie du rez-de-chaussée

Les baies cintrées du rez-de-chaussée sont flanquées de pilastres doriques panneautés et décorés d’une tête animale (chien, sanglier, cerf…), dans le tiers supérieur de sa hauteur. Le buste d’un petit personnage en costume Renaissance décore la clé de l’arc en plein cintre de chaque fenêtre.

DSCF6131

Une tête de cervidé

Les masques animaliers s’inscrivent dans un losange couché et se détache sur un cercle de marbre de couleur, à l’exemple de cette tête de cervidé très expressive.

DSCF6132

L’inscription du cartouche du portail d’entrée

Soigneusement sculptés, les vantaux du portail d’entrée s’insèrent parfaitement dans une voûte en anse de panier finement sculptée d’une frise de canaux et de feuilles d’eau.

La clé de l’arc présente deux petits génies autour d’un blason portant le chiffre « 8 » et l’intrados, un cartouche portant la signature de l’architecte et le patronyme approximatif du statuaire Dominique Molknecht (né Johann Dominik Mahlknecht 1793-1876), ainsi que l’année de construction de l’édifice.

   

DSCF6125

Une nymphe des pilastres de l’étage

De part et d’autre des fenêtres de l’étage, les pilastres portent des figures de nymphe, placées sous des dais décorés de deux dauphins à la queue enroulée autour d’un trident et d’une tête ailée de génie enfantin.

DSCF6128

Un génie dansant

Chaque nymphe évolue sur une base à motif de grotesques, comprenant un génie dansant sur un masque grimaçant.

DSCF6127

Un acrotère

Des acrotères sont placés au droit des pilastres rythment la base de la toiture : ils représentent des têtes de caractères et de types différents.

DSCF6130

Le couronnement de la lucarne axiale

Le couronnement de la lucarne axiale indique l’année de construction de l’hôtel particulier de la rue Vaneau, inscrite sur un médaillon placé dans une coquille environnée de feuilles découpées et d’une guirlande de fruits.

.
 

Blog du niveau intermédiaire |
Blablarts |
I am the devil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | SPORT ETE FABULEUSE MAGIE ...
| HISTOIRES DESSINÉES
| Couleurdevie