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La Fondation Custodia (1947)

Rue de Lille

plan lattré 1785

Jean Lattré

Plan routier de la ville et faubourg de Paris (détail : l’Hôtel Turgot [indiqué "d'Harcourt"], situé entre la rue de Bourbon [actuelle rue de Lille] et la rue de l’Université), 1785, Paris, Bibliothèque Nationale de France

Plusieurs propriétaires vécurent dans l’hôtel particulier qui abrite aujourd’hui la Fondation Custodia. Situé au cœur du faubourg Saint-Germain, sur une parcelle entre la rue de Bourbon (actuelle rue de Lille) et la rue de l’Université, cet hôtel particulier, aménagé entre cour et jardin, appartenait à Pierre de Sales en 1737.  Il fut vendu à Louis Gagnat, baron de Longwy, en 1753, avant d’être cédé à Jean-Baptiste de Pontcarré de Viarmes, prévôt des marchands de Paris. L’Hôtel de Viarmes revint ensuite à Louis-Jean-François Camus de Pontcarré, seigneur de La Guibourgère, conseiller de la Grand’ Chambre du parlement de Paris. 

Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781) s’en porta acquéreur en 1779, au lendemain de la cabale qui l’obligea à quitter sa fonction de contrôleur général des Finances. Le ministre Turgot était le troisième fils du prévôt des marchands Michel-Etienne Turgot (1690-1751), qui avait pris, en 1734, l’initiative du fameux plan de Paris, dit « plan Turgot ». Les héritiers du ministre, décédé à peine deux ans plus tard, cédèrent rapidement la demeure au marquis d’Antichamp. Elle entra en possession du marquis d’Harcourt, comme le suggère le plan de tracé par Jean Lattré en 1785.

Sous la Révolution, l’Hôtel Turgot fut confisqué comme « bien national », mis en loterie en 1795 et gagné par un commerçant bruxellois, qui le vendit, l’année suivante, à Pierre Nolleval. Loué à Madame de Staël en 1803, pour quelques mois seulement, il fut acquis par le comte Colaud, puis cédé aux Crillon en 1831. Il passa, après 1870, entre les mains des Grammont et des Lévis-Mirepoix. Sigismond de Lévis-Mirepoix y rendit son dernier soupir, en 1886.

En 1895, l’architecte Louis Parent (1854-1909) bâtit de nouveaux bâtiments à l’emplacement des communs de l’Hôtel Turgot. Le portail de la rue de Bourbon (rebaptisée « rue de Lille » entre 1792 et 1815, puis de nouveau, à partir de 1830) donna, dès lors, accès à un long passage couvert desservant, à droite, les pièces du nouvel hôtel de Lévis-Mirepoix et débouchant, au fond de la cour, sur l’Hôtel Turgot.

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C’est après la seconde guerre mondiale que le collectionneur et historien de l’art néerlandais Frits Lugt (1884-1970) fit l’acquisition des deux hôtels particuliers pour y installer la fondation Custodia, créée en 1947 afin de gérer sa collection d’œuvres d’art.

En 1957, la fondation Custodia loua le premier étage de l’Hôtel de Lévis-Mirepoix à l’Institut néerlandais, qui occupa les lieux jusqu’en 2013. Depuis, la Terra Foundation for American Art, défendant l’art américain, loue le second étage de cet hôtel particulier, le rez-de-chaussée formant les salles d’exposition de la fondation et le premier étage, sa bibliothèque de recherche, qu’elle partage avec l’association américaine.

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L’accès à l’Hôtel Turgot s’effectue par un perron latéral, qui mène à un escalier bordé d’une belle rampe en fer forgé ornée de palmettes, remontant aux aménagements pratiqués au XIXe siècle, sous le règne de Louis-Philippe.

La Fondation Custodia, qui possède la plus importante collection en mains privées de dessins, d’estampes et de lettres autographes d’artistes, au point d’être désignée comme la « maison de l’art sur papier en France », conserve également une collection de peintures des écoles hollandaise, flamande, française et italienne. Les murs de l’escalier, recouverts de petits tableaux de paysage, donnent un bel aperçu de cette richesse exceptionnelle.

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Cette belle collection met en lumière le talent de peintres méconnus en France, issus des écoles du nord de l’Europe, notamment de l’École danoise, parmi lesquels Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853) ou Johan Thomas Lundbye (1818-1848).

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D’après Jean-Antoine Houdon

Buste du ministre Turgot, tirage en terre cuite, Paris, Fondation Custodia

Un tirage en terre cuite du buste de Turgot, réalisé d’après l’effigie en marbre que le sculpteur Houdon avait présentée au Salon de 1777, est placé au pied de l’escalier, en mémoire de l’ancien maître des lieux.

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Une réplique d’atelier du portrait du même Turgot, peint par François-Hubert Drouais, a désormais rejoint le buste de Houdon. Turgot y apparaît plus jeune, sans doute âgé d’une trentaine d’années, coiffé d’une perruque poudrée, la main glissée sous son justaucorps à rabat de velours gris, qui laisse voir manchette et jabot de dentelle.

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Jean-Baptiste II Lemoyne

Buste de femme, vers 1750, terre cuite, Paris, Fondation Custodia

L’escalier dessert les bureaux de la conservation et du directeur, mais aussi les pièces d’un appartement privé. La porte du premier palier intermédiaire donne accès à un vestibule, où sont présentés d’autres tableaux et un second buste en terre cuite, modelé par Jean-Baptiste II Lemoyne au milieu du XVIIIe siècle, dans lequel il faut probablement reconnaître les traits de la reine Marie Leszczynska. Ce vestibule communique avec les bureaux de la conservation.

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Les bureaux de la conservation

Un tableau frappe le regard au premier coup d’œil : il représente le Baptême du Christ, par le peintre Gillis Mostaert (1528-1598). Le peintre montre, dans un paysage très profond, le baptême du Christ par Jean-Baptiste, dont la figure paraît en arrière-plan, prêchant la foule. Les petites scènes du cadre, peintes en grisaille, constituent l’étonnante particularité du tableau de Mostaert: elles représentent, en lien avec la scène principale, les quatre évangéliste dans les angles, le baptême de l’eunuque sur la traverse basse, le Christ guérissant l’aveugle et le paralytique sur les traverses de gauche et de droite ; enfin la scène des Hébreux traversant la Mer rouge sur la traverse supérieure. 

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La salle de consultation

La Fondation Custodia accueille les chercheurs dans une salle de consultation, qui se termine en hémicycle vers le jardin. Décorée de pilastres à chapiteau ionique, cette vaste salle est éclairée au moyen d’un grand lustre de type « sac à perles », orné de pendeloques et d’une monture de bronze doré. Cette monture porte deux frises : l’une purement décorative, à motifs de palmette et de rosace ; l’autre formée de jeunes filles, vêtues d’une tunique à l’antique et formant une ronde.

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Dans cette salle, une cheminée à trumeau de glace présente le buste en marbre de Michel-Etienne Turgot, prévôt des marchands et père du ministre de Louis XVI. Il s’agit d’un portrait rétrospectif, réalisé bien après la mort du modèle, connu par une terre cuite portant la signature du sculpteur Lucien Le Vieux et la date « 1779».

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Les carreaux de faïence décorant l’antre de la cheminée du bureau de Frits Lugt

Frits Lugt avait aménagé son bureau en intérieur néerlandais du XVIIe siècle : la pièce est en outre éclairée par des fenêtres hollandaises à croisillons. L’antre de la cheminée est par ailleurs décoré de carreaux de faïence de Delft.

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Jacob van Ruisdael (1628/29 – 1682)

Paysage d’hiver avec un moulin, vers 1670-80, huile sur toile, 37,3 x 46 cm, Paris, Fondation Custodia

Désormais salle de réunion, l’ancienne salle à manger de l’Hôtel Turgot renferme plusieurs chefs-d’œuvre de l’école néerlandaise de peinture, dont un splendide paysage d’hiver de Ruisdael.

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